• Si vous voulez que je me taise, ne me parlez pas...

     

    Si vous voulez que je me taise, ne me parlez pas...

     

    Dans un premier temps je m'en veux à moi même.

    Je ne sais pas pourquoi et je ne veux pas chercher.

    Je suis fatiguée de chercher et trop triste pour tenter de comprendre.

    Trop en colère contre moi même et trop agacée pour faire encore l'effort.

    Avec l'impression que je suis la seule à faire encore cet effort.

     

    Mais je réfléchis malgré tout.

    J'essaie de savoir pourquoi cela me procure autant de chagrin

    Je ne sais pas pourquoi j'ai mal, je ne trouve pas la raison

    Je n'en veux pas aux autres, je m'en veux à moi

    Je m'en veux de ne pas sentir le moment où je devrais m'arrêter

    De saisir sans doute une erreur en ramenant quelque chose à moi même alors que je cherche juste à citer un exemple de vie, et donc une chose que j'ai moi même vécu.

    Je réfléchis à comment changer. Comment changer les choses ou me changer moi.

    Et j'en arrive à la conclusion que ce n'est pas possible. Que je peux évoluer, que je peux m'améliorer mais que je ne peux pas changer. Je suis comme je suis et me renier ne fera que me faire encore plus de mal.

    Alors oui...

    Oui je suis très extravertie, très démonstrative, enthousiaste, très bavarde, passionnée, très pipelette, grande gueule, exubérante, mais généreuse. Terriblement généreuse. C'est ma façon d'être. Et c'est à prendre ou à laisser.

     

    Je pense pourtant avoir fais des progrès. Être moins dans la critique, moins râleuse aussi.

    Je ris de moi encore plus facilement, j'ai franchi des étapes, j'ai fais de gros efforts et je me suis battue pour atteindre un certain stade de sérénité.

    Je vois mes ami(e)s de manière encore plus paisible qu'avant.

    J'ai toujours autant d'amour à donner avec encore plus de quiétude et de manière inconditionnelle.

    Je ne crois pas me mentir à moi même quand j'affirme cela.

    Je sens dans mon cœur, mon corps ma tête que beaucoup de choses vont mieux et que je suis plus à l'écoute des autres. J'ai de la bonté, de l'humilité, de la compassion, du respect et de la gratitude pour tout ce que les autres m'apportent.

     

    Et finalement j'ai juste une demande à faire aux ami(e)s et gens qui m'entourent.

    Celle de toujours rester justes, francs et honnêtes envers moi, j'en ai besoin.

    Mais ma vraie demande c'est que cette franchise s'accompagne de bienveillance autant que je suis capable de vous en donner.

    Parce que j'ai aussi appris à exprimer et dire ce qui me fais du mal aujourd'hui, à ne plus garder pour moi et supporter sans rien dire des mots, anodins pour vous, mais qui résonnent tout autrement pour moi.

    J'ai appris à réclamer selon mes besoins, et mon besoin est un besoin d'amour, de tendresse, de gentillesse.

    On peut être franc, dire ce que l'on pense à l'autre pour l'aider à s'élever, je suis bien d'accord, mais on peut le faire avec douceur.

    Je ne saurai expliquer pourquoi mais il y a des mots qui restent insupportables pour moi aujourd'hui et qui me plongent dans un profond chagrin.

     

    Entre autre je sais bien qu'il m'arrive de me répéter. Parfois j'en ai conscience, parfois non.

    Mais le verbe « radoter », pour tout vous dire est un mot qui me reste insupportable à entendre.

    Ne me demandez pas pourquoi.

    Il me fais mal c'est tout.

    Je n'aime pas ce mot, il me met en colère, me blesses, me vexe.

    Souvent la douleur vient du simple fait de ne pas m'être rendu compte que je me répétais.

    Que l'on soit obligé de me le faire remarquer me fait toujours énormément de peine. 

    Et peu importe que cela vous paraisse absurde. Nous avons tous et toutes notre talon d'Achille.

    Mais en y songeant profondément, ce qui ressort de cette douleur, c'est un sentiment d'injustice.

    Je ne trouve pas injuste que l'on me fasse la remarque.

    Je trouve injuste la façon dont on me le fais remarquer.

     

    Alors ma demande aujourd'hui à mes ami(e)s c'est que je les aime profondément et que, pour cela, leurs mots se teintent de gentillesse et d'amour.

    Sans doute vais-je évoluer encore et ne plus être touchée aussi profondément par des remarques sur le fait que je me répète parfois, souvent.

    Mais à l’heure d'aujourd'hui je ne supporte pas la brutalité avec laquelle on me le fais remarquer. 

     

    Ce qui me semble injuste c'est que je suis là autant que je peux pour les autres.

    Je me réjouis du bonheur des uns et je l'exprime sincèrement, je donne mon épaule à d'autres pour pleurer. J'écoute, j'aide, je console, je tente de rassurer, de guider, de distraire, de conseiller autant que je le peux.

     

    Je suis présente !

     

    Fidèle au poste. Je vole au secours des uns, je prends dans mes bras les autres.

    Je donne tout ce que j'ai en fidélité et en amour.

    Et je me rend compte que lorsque je vous écoute me raconter vos vies, il vous arrive à vous aussi de vous répéter, il vous arrive à vous aussi de me raconter plusieurs fois les même anecdotes. 

    Mais moi je ne vous dis rien, parce que ça ne me gêne pas, j'ai même parfois plaisir à les réentendre. Et puis je me dis que si vous les dites encore, c'est qu'il y a quelque chose à creuser par là, alors j'écoute encore et j'essaie de vous aider à vous comprendre vous même, de vous aider à aller mieux.

    Je reste attentive et j'ouvre encore mon tiroir à gentillesses sans faire de remarque brutale.

    Alors bien sûr, nous ne sommes pas tous et toutes identiques face à cela et je n'exige rien de vous sous prétexte que moi je suis capable de le fournir.

    Mais, malgré tout, je me dis que c'est injuste, car pourquoi, moi qui me tait quand même pour vous écouter, pourquoi serais-je la seule à ne pas pouvoir me répéter aussi de temps en temps ?

    Pourquoi serais je la seule dont on ne supporte pas le ''radotage'' de temps à autre, alors que je ne me plains pas de celui des autres ?

    Je ne me souviens pas avoir repris quelqu'un qui se répétait ou se morfondait sur sa vie en lui disant ses quartes vérités sur un ton exaspéré. J'ai toujours été gentille, bienveillante.

    Aujourd'hui je me dis que je le suis encore trop peut-être. Mais je me dis que les autres pourraient aussi faire preuve d'un peu de patience envers moi, ou serait-ce trop  demandé ?

    La beauté de l'amitié voudrait que ce ne soit pas moi qui devienne moi généreuse, mais plutôt que les autres compatissent un tout petit plus, parfois. Selon moi...

    On tendrait vers le haut plutôt que vers le bas!

    Pourquoi étouffer ma générosité au lieu d'étoffer un peu la vôtre. Cela me semble à la fois légitime et plus positif.

    Non ?! ;)

     

    Cela arrive à tout le monde de se répéter.

    Pourquoi serais-je la seule avec laquelle cela devient insupportable ?

    Effectivement, dans ces moments là, j'ai l'impression d'être la mauvaise brebis du troupeau.

    J'ai mal, parce que je me dis que je n'ai vraiment rien de bien terrible en moi, rien de bien utile puisque je constate que je trouve encore le moyen d'agacer, de saouler tout le monde avec mes histoires.

    C'est injuste que les autres ne supportent pas chez moi quelque chose que moi je suis capable de supporter chez eux.

    Et puis, ey !!!... cela ne relève pas non plus des douze travaux d'Hercule de m'écouter. Enfin j'espère ! Sinon laissez moi tomber tout de suite, car vous n'êtes pas de taille.

    Et dans mon plaisir à aider les autres, je me retrouve avec la vilaine sensation de n'avoir rien réussi, si n'est d'avoir emmerdé tout le monde. Encore...

    J'ai l'impression d'entendre parfois un « Ecoutes moi, consoles moi, mais ne me parles pas encore de toi, ça me gave ! »

    J'en culpabilise presque en me disant que je ne sais pas aider finalement et que je ramène tout à moi.

     

    On en vient vite à l'idée de se taire définitivement.

    J'ai pensé au vœu de silence !

    Je sais bien que cela en fera rire pas mal parmi vous.

    « Petite Sorcière silencieuse !?! Mort de rire.

    Pas demain la veille qu'elle fermera son clapet ! »

    Ouais.

    De toutes façons, les fois où je me tais, tout le monde pense que je suis malade ou que je fais la gueule alors !...

    Le fait de se répéter parfois n'est pas bon je sais bien, pour moi même avant tout, alors vous me le faites remarquer. Pour mon bien apparemment. 

    Mais, soyez gentil(le)s. Ne faites rien pour mon bien, sauf si je vous appelle à l'aide. Je suis la seule à savoir ce qui est bon pour moi.

    Pour le reste, et bien si je suis si insupportable que ça...

    Mettez des boules Quies, ou... mieux mieux !!!!...

    Ne mettez pas de pièces dans le JukeBox, puisque vous savez très bien ce qui vous attend ! ;)

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Luce
    Lundi 5 Décembre 2016 à 07:37
    Marguerite Duras disait "écrire c'est hurler sans bruit"... Pas envie que tu te taises, bien envie de te téléphoner plutôt, je t'aime
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