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    Vous savez, vous connaissez, ces contes de fées...

     

    Ces contes où un homme, un prince, un roi, un mendiant rencontrent une fée.

    L'histoire narre toujours que la magie opère, que l'amour est là, que l'homme et la fée filent un parfait amour qui semble éternel.

    Mais au début, la fée demande une chose, une requête simple qui paraît si anodine qu'elle en est oubliée. Elle en passerait presque inaperçue.

    Et lorsque l'homme, transgresse la promesse ou le serment qu'il avait fait par oubli ou par curiosité malsaine, il se trouve devant la sentence de sa faute.

    Le plus souvent la fée disparaît ou s'enfuit et l'homme se retrouve seul abandonné de celle qu'il aimait parce qu'il n'a pas su resté fidèle à sa promesse. 

    Il n'y a jamais de seconde chance avec les fées. Les humains sont punis pour leur manque de foi et de respect envers leurs propres engagements.

    "tu ne cueillera pas cette fleur", "tu ne devras pas sortir au troisième jour de l'hiver", "tu ne devras pas chercher à me voir lorsque je prendrai mon bain"...

    Et pourtant...

    Lorsque la fée s'en va, c'est à jamais...

    ...

    Il est une demande, une requête que j'ai toujours fais ainsi comme dans les contes.

    "Je suis douce, offerte, tendre et aimante, mais jamais, ô grand jamais, tu ne poseras ta main sur ma gorge!"

    La demande d'une fée ne se discute pas, elle se passe d'explications, de longs récits. Elle "est", tout simplement et doit être respectée.

    Elle n'est ni impossible à entendre, ni insurmontable, ni incompréhensible, ni stupide.

    Elle se passe de commentaires. Simple et définitive, elle est facile à mettre en œuvre.

    Et pourtant...

    ...

    La bêtise de l'homme est si prévisible. Cela en devient presque risible tant elle s'anticipe avec tant de certitudes.

    On voudrait avoir tort mais c'est toujours ce que l'on interdit que l'homme veut et désire plus que tout.

    C'est une force puissante et pathétique qui le pousse toujours vers la seule chose qu'il ne doit pas accomplir alors que tout le reste lui est offert.

    C'est le test de la Vie, la fée sait ainsi combien la faiblesse de l'homme est puissante face à ces propres contradictions. Tel un enfant il brave le secret, brise le silence, par caprice, juste pour donner satisfaction à sa frustration. 

    Tout le reste ne lui suffit pas. Une seule petite chose manquante...

    L'homme en veut toujours plus. Il veut tout. Ce n'est jamais assez.

    Jamais satisfait, jamais heureux de ce qui lui est donné de vivre.

    C'est là l'épreuve que lui envoie la vie, par le biais de la fée amoureuse mais intraitable et son jugement irrévocable.

    Celui qui commet la faute verra tout son bonheur s'envoler pour toujours.

    Par manque d'humilité et de passion. Par manque de générosité et de compréhension. Par manque de fidélité avant tout envers lui-même.

    ...

    Je me suis envolée bien souvent, parce que la main sur la gorge n'est pas une éventualité. Pas une seconde d'existence pour elle.

    Sauf peut-être pour un seul "chevalier des bois perdus", qui connais assez la fée pour que le vœu devienne un secret commun.

    Et pourtant...

    ...

    Tant de mains, de caresses, d'amants.

    Aucun ne comprend. Mais ce qu'ils ne comprennent pas c'est qu'il ne faut justement pas chercher à comprendre.

    Les fées se font aimer sans que l'on ait à chercher à savoir pourquoi on les aime.

    ...

    Lorsque l'homme aura appris à se laisser porter sans vouloir expliquer l'inexplicable, sans vouloir poser des mots sur ses émotions, sans chercher à analyser ses sentiments, alors sans doute saura-t-il aimer.

    Lorsqu'il apprendra à rester, à entrer dans le "sentir", dans l'être, à faire partie de ce tout qui l'entoure, de cette énergie qui se sert de son corps pour lui donner le plaisir de vivre l'amour...

    Alors il se laissera enfin porter. De façon fluide, de manière évidente.

    Et tous ceux qui ne savent encore pas écouter les fées, ni les comprendre ou les entendre ne savent pas tout ce à côté de quoi ils passent.

    ...

    Ils ignorent tant le bonheur

    Que je les plains de tout mon cœur.

    Et les fées qui se meurent de tant d'ignorance

    Deviendront sorcières pour leur vengeance.

    ...

    Une main sur ma gorge tu poseras

    Saches que jamais tu ne me reverras.

    ...

     

     

     

     

    "Pour qui sait les voir, les plus petites choses sont souvent les plus grandes."

    Victor Hugo.

     


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